Qu'est-ce qu'une banque intermédiaire ? Rôle, fonctionnement et frais expliqués

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Written by Bertrand Théaud, Fondateur

Bertrand cumule 20 ans d’expérience en Asie en tant qu’avocat d’affaires, investisseur et entrepreneur. Au fil des années, il a constaté de près à quel point il peut être difficile, pour les petites et moyennes entreprises, d’accéder à des services financiers fiables — en particulier lorsqu’elles op...

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Vous avez déjà envoyé un virement international et vu arriver un montant plus faible que prévu ? Ou un délai bien plus long que celui annoncé par votre banque ? Dans plus de 3 cas sur 4, la raison a un nom : la banque intermédiaire. Ces établissements agissent en coulisses pour transférer votre argent lorsque votre banque et celle du bénéficiaire n'ont pas de relation directe. Leur intervention est parfois indispensable, mais elle a un coût, en frais comme en temps de traitement.

Alors, qu'est-ce précisément qu'une banque intermédiaire ? Quel est son rôle réel, comment fonctionne-t-elle, combien facture-t-elle, et surtout : comment éviter ou réduire ces frais ? Dans ce guide, nous détaillons le fonctionnement du réseau SWIFT, la différence avec les virements SEPA, les options OUR / SHA / BEN qui déterminent qui paye les frais, et les alternatives disponibles pour les PME françaises qui envoient ou reçoivent des paiements internationaux.

Nous clarifions également une confusion fréquente en France entre la « banque intermédiaire » au sens SWIFT et l'« intermédiaire en opérations de banque et services de paiement » (IOBSP), qui est un statut juridique français encadré par les articles L519-1 à L519-17 du Code monétaire et financier. Ces deux notions n'ont pas grand chose à voir malgré leur nom proche.

À retenir

Une banque intermédiaire est un établissement bancaire tiers qui facilite les virements internationaux entre deux banques qui n'ont pas de relation de correspondance directe. Un même transfert peut passer par plusieurs banques intermédiaires successives.

Chaque banque intermédiaire prélève ses propres frais (15 à 30 euros en moyenne), qui s'ajoutent aux frais de la banque émettrice et de la banque bénéficiaire. Selon les analyses sectorielles, environ 75 % des virements SWIFT internationaux passent par au moins une banque intermédiaire.

Les frais peuvent être supportés par l'émetteur (option OUR), partagés entre émetteur et bénéficiaire (SHA, option par défaut), ou entièrement à la charge du bénéficiaire (BEN). Le choix impacte directement le montant reçu.

Les virements SEPA en euros ne passent par aucune banque intermédiaire grâce au réseau interbancaire européen unifié. Pour les virements hors zone euro, le passage par une ou plusieurs banques intermédiaires reste la règle.

La « banque intermédiaire » au sens SWIFT ne doit pas être confondue avec l'IOBSP (Intermédiaire en Opérations de Banque et Services de Paiement), un statut juridique français encadré par les articles L519-1 à L519-17 du Code monétaire et financier, qui désigne les courtiers en crédit et autres intermédiaires financiers immatriculés à l'ORIAS.

Qu'est-ce qu'une banque intermédiaire ?

Une banque intermédiaire est une banque tierce qui facilite les transferts entre deux banques qui n'ont pas de relation directe (par exemple, une banque française et une banque locale d'un pays lointain). Elle agit comme un pont, un passeur entre les deux extrémités du virement. C'est un rôle courant dans les opérations internationales, où très peu de banques disposent d'un réseau assez étendu pour couvrir directement l'ensemble de la planète.

Selon la géographie, les corridors de correspondance et les réseaux impliqués, certains virements passent par une seule banque intermédiaire, d'autres par deux, trois, voire davantage. Chaque passage ajoute des frais et allonge légèrement les délais.

Les clients particuliers ou entreprises n'interagissent en général jamais directement avec les banques intermédiaires. Ces établissements travaillent en coulisses, dans le back-office du système bancaire international. Mais les clients ressentent leurs effets concrets : montants réduits à l'arrivée, délais rallongés, frais additionnels, et parfois besoin de justifier a posteriori une différence entre le montant émis et le montant reçu par le bénéficiaire.

Quand une banque intermédiaire intervient-elle dans une transaction ?

Les banques intermédiaires sont le plus souvent impliquées dans les cas suivants :

  • Le virement est international et les banques émettrice et bénéficiaire n'ont pas de relation directe. C'est le cas de figure le plus fréquent : deux banques régionales situées dans des pays différents et sans convention de correspondance mutuelle.
  • Les banques concernées sont de taille moyenne ou modeste. Les petites banques ont peu de partenariats directs à l'international et s'appuient massivement sur les grandes banques mondiales comme relais. À l'inverse, les grands groupes bancaires internationaux (BNP Paribas, HSBC, Deutsche Bank, JPMorgan Chase) ont leurs propres implantations dans de nombreux pays et peuvent souvent traiter le virement de bout en bout sans intermédiaire.
  • La banque émettrice fait passer le paiement par le réseau SWIFT. La quasi-totalité des virements bancaires internationaux hors zone SEPA passe par SWIFT, qui est le réseau interbancaire de messagerie standardisé de la finance mondiale.
  • Plus rarement, les banques intermédiaires peuvent intervenir sur des virements domestiques quand deux banques du même pays n'ont pas de connexion directe (cas rare en France grâce au réseau interbancaire unifié) ou pour certains types de transferts spécifiques.

📊 Ce que révèlent les analyses du secteur : Environ 75 % des virements SWIFT internationaux passent par au moins une banque intermédiaire, et une part significative passe par deux ou trois banques successives. Cette proportion explique pourquoi les frais réels des virements internationaux dépassent souvent de 20 à 60 euros ce qui était annoncé initialement par la banque émettrice.

Comment fonctionne une banque intermédiaire ?

Dans une transaction transfrontalière, l'argent ne se déplace pas physiquement entre les comptes. À la place, la banque émettrice envoie une instruction de paiement à la banque bénéficiaire, qui va créditer le compte du destinataire, et les deux banques se règlent ensuite entre elles selon leurs mécanismes de compensation (souvent via des comptes de correspondance appelés « nostro » et « vostro »).

Si la banque émettrice (Banque A) a une relation directe avec la banque bénéficiaire (Banque B), le transfert est simple. La Banque B crédite immédiatement le compte du destinataire et se règle ensuite avec la Banque A.

Mais si les deux banques n'ont pas de relation directe, une banque intermédiaire entre en scène pour faire le pont. Elle reçoit l'instruction de paiement de la Banque A et la transmet à la Banque B, en prélevant sa propre commission au passage.

Exemple concret

Cas pratique

Alice, en France, envoie 1 000 euros à Julien, qui vit à l'étranger. Alice a un compte à la Banque A (une banque régionale française), Julien a un compte à la Banque C (une banque locale de son pays). La Banque A doit envoyer une instruction de paiement à la Banque C, mais ces deux banques n'ont aucune relation directe. Une banque intermédiaire est donc nécessaire. Si la Banque B (une grande banque internationale) a des relations avec A et C, elle peut jouer le rôle de banque intermédiaire.

1️⃣ Banque A (Banque émettrice) : La Banque A envoie une instruction de paiement de 1 000 euros à la Banque B.

2️⃣ Banque B (Banque intermédiaire) : La Banque B traite l'instruction, applique ses frais intermédiaires de 20 euros, et transmet une instruction de 980 euros à la Banque C.

3️⃣ Banque C (Banque bénéficiaire) : La Banque C reçoit l'instruction finale et, après règlement interbancaire, crédite 980 euros sur le compte de Julien.

Si Alice veut que Julien reçoive bien 1 000 euros, elle doit choisir de couvrir les frais intermédiaires en amont (option OUR). Concrètement, Alice devra envoyer plus de 1 000 euros pour que Julien reçoive le montant plein après déduction des frais intermédiaires.

Dans certains cas, un virement peut passer par plusieurs banques intermédiaires successives, chacune prélevant ses frais avant de transmettre l'instruction au maillon suivant. C'est pour cela que les virements internationaux peuvent arriver avec des montants réduits ou avec des délais rallongés, parfois de plusieurs jours.

📖 Vocabulaire à connaître : La banque émettrice est aussi appelée « banque initiatrice » ou « banque du donneur d'ordre ». La banque bénéficiaire est aussi appelée « banque destinataire » ou « banque du bénéficiaire ». Dans le message SWIFT MT103, elles apparaissent respectivement dans les champs 52A (donneur d'ordre) et 57A (banque du bénéficiaire), tandis que la banque intermédiaire figure dans le champ 56A.

Exemples de banques intermédiaires

Les banques intermédiaires sont en général parmi les plus grandes banques mondiales. C'est logique : pour jouer efficacement ce rôle de passeur, elles doivent disposer de connexions avec un très grand nombre de comptes bancaires dans le monde, dans de nombreuses devises et régions. Elles opèrent aussi des systèmes informatiques capables de traiter d'énormes volumes de transactions par jour.

Parmi les principales banques qui jouent régulièrement le rôle de banque intermédiaire dans les virements internationaux, on trouve :

  • HSBC (siège à Londres, très forte présence en Asie)
  • JPMorgan Chase (siège aux États-Unis, leader mondial du corporate banking)
  • Citibank (États-Unis, présent dans plus de 100 pays)
  • Barclays (Royaume-Uni)
  • Bank of America (États-Unis)
  • Wells Fargo Bank (États-Unis)
  • Standard Chartered (Royaume-Uni, très présent en Asie et en Afrique)
  • Deutsche Bank (Allemagne, grand acteur du corporate banking européen)
  • BNP Paribas (France, l'un des plus grands réseaux de correspondance bancaire au monde)
  • Société Générale et Crédit Agricole CIB (France, présence significative sur les corridors Europe-Afrique et Europe-Asie)
  • Natixis (France, activité importante de banque de financement et d'investissement)

Combien coûtent les frais de banque intermédiaire ?

Chaque banque intermédiaire prélève ses propres frais de traitement. Lorsque vous initiez un virement, vous ne savez généralement pas combien de banques intermédiaires seront impliquées ni combien chacune facturera précisément. C'est l'une des grandes zones d'opacité des virements SWIFT.

En moyenne, les frais de banque intermédiaire sont compris entre 15 et 30 euros par établissement. Ces frais s'ajoutent aux frais de la banque émettrice et à ceux de la banque bénéficiaire. Sachant qu'un virement peut passer par plusieurs banques intermédiaires, la facture peut vite grimper : sur un transfert unique, il n'est pas rare de cumuler 50 à 90 euros de frais totaux.

💡 Bon réflexe : Si vous effectuez un virement SWIFT et que vous voulez connaître tous les frais réellement prélevés le long du parcours, demandez un MT103 à votre banque. Ce document, aussi appelé « message SWIFT MT103 », détaille l'ensemble du parcours de votre virement : banque émettrice, banque(s) intermédiaire(s), banque bénéficiaire, frais appliqués à chaque étape. Attention, certaines banques facturent la génération de ce document (souvent 30 à 50 euros).

Pour comprendre en profondeur ce document et son utilisation, consultez notre guide dédié : MT103 et virements SWIFT : tout comprendre.

Facteurs qui influencent les frais de banque intermédiaire

  • Nombre de banques intermédiaires impliquées : plus il y a d'intermédiaires sur le parcours, plus les frais totaux sont élevés. Un même virement peut passer par 1, 2 ou 3 intermédiaires successifs selon les corridors.
  • Route géographique et localisation : certains corridors sont bien desservis par des relations directes (par exemple, Europe → États-Unis), d'autres exigent plusieurs relais (par exemple, France → certains pays d'Afrique subsaharienne ou d'Asie du Sud-Est).
  • Devise du transfert : les frais varient selon la paire de devises impliquée. Les devises majeures (USD, EUR, GBP, JPY) sont largement échangées et bénéficient de frais réduits. Les devises plus rares (KZT, PKR, VND, XOF) engendrent souvent des frais plus élevés et des délais plus longs.
  • Montant transféré : certaines banques facturent des frais fixes, d'autres appliquent un pourcentage du montant (souvent 0,05 % à 0,1 %). Les grosses transactions peuvent donc supporter des frais absolus plus importants, tandis que les petits montants voient leur coût relatif s'envoler.
  • Mode de paiement : les virements SWIFT classiques ont des structures de frais différentes de celles des plateformes de paiement en ligne (Wise Business, Revolut Business) qui utilisent leur propre réseau interne pour éviter ou réduire le passage par les banques intermédiaires.

Qui paie les frais de banque intermédiaire ?

Ce sont l'émetteur (donneur d'ordre) ou le bénéficiaire qui payent les frais de banque intermédiaire, ou bien les deux se les partagent. Le choix dépend de l'option de tarification sélectionnée au moment de l'émission du virement. Cette option, dite « details of charges » dans le vocabulaire SWIFT, apparaît toujours dans le formulaire de virement international sous la forme d'un choix entre 3 codes : OUR, SHA ou BEN.

1. OUR : l'émetteur paye tout

Avec l'option OUR, l'émetteur prend en charge la totalité des frais liés au transfert :

  • Frais de la banque émettrice
  • Frais de la banque bénéficiaire
  • Tous les frais des banques intermédiaires éventuellement impliquées

Comme les banques ne savent pas à l'avance combien de banques intermédiaires seront sollicitées, elles facturent souvent à l'émetteur un forfait fixe majoré, en général entre 50 et 80 euros, calculé sur la base d'une moyenne statistique de leurs corridors. Ce forfait est ajouté au montant du transfert.

Exemple : Si vous envoyez 1 000 euros en OUR, votre compte pourra être débité de 1 070 euros au total, et le bénéficiaire recevra en principe la totalité des 1 000 euros. Cette option est particulièrement utile quand vous payez un fournisseur qui vous a facturé un montant précis (par exemple 1 000 euros pour une prestation), afin d'éviter que le fournisseur ne vous relance parce qu'il a reçu 940 euros au lieu de 1 000 euros.

2. SHA : frais partagés

Avec l'option SHA, les frais sont partagés entre l'émetteur et le bénéficiaire :

  • L'émetteur paye les frais de sa propre banque (habituellement 15 à 30 euros)
  • Le bénéficiaire prend en charge les frais de la banque bénéficiaire et de toutes les banques intermédiaires

Les frais peuvent aussi être déduits directement du montant initial, ce qui signifie que le bénéficiaire recevra un montant inférieur à celui envoyé. C'est le comportement par défaut de la plupart des banques françaises pour les virements SWIFT sortants.

3. BEN : le bénéficiaire paye tout

Avec l'option BEN, le bénéficiaire supporte l'ensemble des frais, y compris ceux des banques intermédiaires et de la banque émettrice.

L'émetteur n'a rien à payer au titre des frais bancaires. Cela signifie que le bénéficiaire recevra moins que le montant émis, et souvent significativement moins si plusieurs banques intermédiaires interviennent. L'option BEN est peu utilisée dans les relations commerciales B2B et se rencontre plutôt dans les transferts personnels (par exemple, un parent qui envoie une aide à un enfant à l'étranger).

📌 Point d'attention : Certaines banques ont des configurations préréglées pour ces options, avec SHA comme choix par défaut. Vérifiez toujours l'option retenue au moment de votre virement, et changez-la si nécessaire selon votre relation avec le bénéficiaire. Pour un fournisseur qui vous a facturé un montant précis, l'option OUR est presque toujours préférable. Pour un envoi vers votre propre compte à l'étranger, SHA ou BEN peuvent être des choix raisonnables.

SEPA et SWIFT : deux mondes différents

En France, il existe une alternative aux banques intermédiaires quand vous envoyez de l'argent au sein de la zone euro : le virement SEPA (Single Euro Payments Area). Ce dispositif européen, entré en vigueur progressivement à partir de 2008, a créé un espace unique pour les paiements en euros dans lequel les banques n'ont plus besoin de banques intermédiaires.

Comprendre la différence entre SEPA et SWIFT est essentiel pour bien choisir son mode de paiement et éviter des frais inutiles. Voici un tableau comparatif détaillé.

Critère Virement SEPA Virement SWIFT
Zone Géographique 36 pays de la zone SEPA (UE + AELE + Royaume-Uni + Andorre, Monaco, Saint-Marin, Suisse, Vatican) Réseau mondial (plus de 200 pays et territoires)
Devise Uniquement l'euro Toutes devises échangeables
Banques Intermédiaires Aucune (réseau interbancaire européen unifié) Souvent 1 à 3 banques intermédiaires par transfert
Délais 1 jour ouvré (SEPA classique) ou 10 secondes (SEPA Instant) 1 à 5 jours ouvrés, parfois plus
Frais Côté Émetteur Gratuit ou marginal (souvent inclus) 20 à 50 euros par transfert en moyenne
Frais Intermédiaires Aucun 15 à 30 euros par banque intermédiaire
Traçabilité Numéro de virement SEPA MT103, tracking SWIFT gpi disponible depuis 2017

Concrètement, si vous payez un fournisseur en Allemagne, en Italie ou en Espagne en euros, votre virement passe par SEPA : pas de banque intermédiaire, pas de frais cachés, arrivée en 24 heures ou en 10 secondes si votre banque supporte le SEPA Instant. Si vous payez un fournisseur au Vietnam, en Chine ou aux États-Unis, votre virement passe par SWIFT et transitera par une ou plusieurs banques intermédiaires.

💡 Bon à savoir : SEPA Instant devient obligatoire : Depuis janvier 2025, le règlement européen 2024/886 impose progressivement à toutes les banques de la zone euro d'offrir le virement SEPA Instant (arrivée en moins de 10 secondes, disponible 24h/24 et 7j/7). L'offre côté client doit être en place au plus tard en octobre 2025 pour l'émission. Le tarif du SEPA Instant ne peut pas être supérieur à celui d'un SEPA classique.

Ne pas confondre : banque intermédiaire (SWIFT) vs IOBSP (droit français)

En France, il existe une confusion fréquente entre deux notions qui portent des noms proches mais désignent des réalités très différentes : la « banque intermédiaire » au sens SWIFT (le sujet de cet article) et l'« intermédiaire en opérations de banque et services de paiement » (IOBSP), qui est un statut juridique français encadré par le Code monétaire et financier.

Cette confusion est particulièrement fréquente sur le web francophone car les deux termes contiennent le mot « intermédiaire ». Pourtant, il s'agit de deux sujets sans lien direct.

La banque intermédiaire au sens SWIFT

C'est le sujet traité dans cet article. Elle désigne une banque qui joue un rôle de passeur technique dans un virement international, quand les banques émettrice et bénéficiaire n'ont pas de relation directe. Les banques intermédiaires opèrent sur le réseau SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication), et leur intervention est presque toujours invisible pour le client final, à l'exception des frais et des délais qu'elle implique.

L'IOBSP : un statut juridique français encadréOBSP : un statut juridique français encadré

L'IOBSP (Intermédiaire en Opérations de Banque et Services de Paiement) est un professionnel qui exerce à titre habituel, en vertu d'un mandat, une activité d'intermédiation entre un client et un établissement de crédit ou de paiement, sans être lui-même un tel établissement. Cette activité est encadrée aux articles L519-1 à L519-17 du Code monétaire et financier, complétés par les articles R519-1 et suivants.

L'IOBSP recouvre en réalité plusieurs catégories professionnelles :

  • Courtier en crédit : professionnel qui met en relation particuliers ou entreprises avec des banques pour l'obtention d'un crédit immobilier, à la consommation ou professionnel. Il est le plus souvent rémunéré par la banque via une commission.
  • Mandataire exclusif d'un établissement de crédit : professionnel lié par contrat à une seule banque ou à un seul établissement de crédit.
  • Mandataire non exclusif : professionnel qui a des mandats de plusieurs établissements de crédit et propose au client la solution la plus adaptée parmi ces partenaires.
  • Mandataire d'IOBSP : professionnel qui exerce sous le mandat d'un autre intermédiaire.

L'IOBSP est obligatoirement immatriculé à l'ORIAS (registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance), sous la supervision de l'ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution). Cette immatriculation est renouvelable annuellement et implique le respect de conditions d'honorabilité, de compétence professionnelle, de garantie financière et de responsabilité civile professionnelle.

📖 Différence en une phrase : Une banque intermédiaire (SWIFT) est une banque qui achemine techniquement un virement international. Un IOBSP est un professionnel indépendant, en général courtier ou mandataire, qui met en relation ses clients avec des établissements de crédit ou de paiement pour obtenir un service financier, sur la base d'un mandat écrit et dans un cadre juridique précis fixé par les articles L519 du Code monétaire et financier.

Pour approfondir le rôle des banques dans le système financier français, l'ACPR publie régulièrement des ressources pédagogiques accessibles sur son site (acpr.banque-france.fr), tout comme La Finance Pour Tous qui propose une explication grand public du rôle des banques et intermédiaires financiers.

Banque intermédiaire ou banque correspondante : quelle différence ?

Les termes « banque intermédiaire » et « banque correspondante » (correspondent bank en anglais) sont souvent utilisés de manière interchangeable, mais il existe entre eux quelques nuances subtiles selon les régions et les usages professionnels.

Aux États-Unis, la banque correspondante désigne en général une grande banque qui fournit une gamme étendue de services à d'autres banques : gestion de trésorerie, financement du commerce international, compensation multi-devises, activités de dépôt. La banque intermédiaire, elle, se limite plus étroitement au routage d'un virement dans une devise donnée.

En France, dans le vocabulaire de la Banque de France et de l'ACPR, on parle plutôt de « banque correspondante » pour désigner la banque partenaire qui héberge un compte de correspondance (nostro / vostro) pour le compte d'une autre banque. En pratique, dans les échanges quotidiens et dans le vocabulaire des PME, les deux termes sont utilisés de façon quasi interchangeable.

Dans certaines régions comme l'Australie ou les pays de l'Union européenne, la banque correspondante est un type de banque intermédiaire, sans distinction claire entre les deux termes. Retenez surtout la fonction : dans un virement international qui exige un relais entre deux banques sans lien direct, la banque qui joue ce rôle est une banque intermédiaire (ou correspondante, selon le contexte).

Où trouver les informations d'une banque intermédiaire

Pour obtenir les coordonnées de la banque intermédiaire utilisée pour votre virement, vous pouvez contacter votre banque ou votre prestataire de services de paiement via votre chargé de compte ou leur service client. Les informations vous seront communiquées, en général, dans le cadre d'une demande formelle.

Cependant, notez qu'en tant qu'émetteur, vous n'avez pas besoin de connaître les coordonnées de la banque intermédiaire pour initier un virement. Les banques intermédiaires opèrent en arrière-plan, et vous avez uniquement besoin des coordonnées de la banque du bénéficiaire (BIC de la banque, IBAN du bénéficiaire) pour envoyer les fonds.

Si vous avez effectué un virement SWIFT et que vous souhaitez retracer son parcours (par exemple parce que le bénéficiaire déclare ne pas avoir reçu la somme complète), demandez le document « MT103 » à votre banque. Les informations de la banque intermédiaire doivent apparaître dans le champ 56A du MT103. Le champ 57A contient les coordonnées de la banque du bénéficiaire, le champ 52A celles de la banque émettrice.

🔍 SWIFT gpi : la traçabilité en temps réel : Depuis 2017, SWIFT propose le service SWIFT gpi (Global Payments Innovation) qui permet de tracer un virement international en temps réel, avec une visibilité complète sur le parcours, les frais prélevés à chaque étape, et le montant final reçu. Ce service est proposé par la plupart des grandes banques françaises pour leurs clients entreprises. Demandez à votre banque si votre virement est éligible au tracking SWIFT gpi : cela peut éviter des heures de recherche a posteriori.

Comment réduire ou éviter les frais de banque intermédiaire

Les frais de banque intermédiaire ne sont pas une fatalité. Selon la nature de vos flux et le corridor géographique concerné, plusieurs stratégies permettent de les limiter fortement, voire de les éviter complètement.

Privilégier le virement SEPA quand c'est possible

Si vous payez un fournisseur ou recevez un paiement depuis un pays de la zone SEPA (36 pays européens) en euros, utilisez systématiquement le virement SEPA. Aucune banque intermédiaire n'intervient, les frais sont nuls ou marginaux, et le délai est de 24 heures maximum (voire 10 secondes avec le SEPA Instant qui devient la norme depuis 2025). C'est le seul cas où vous pouvez avoir zéro frais intermédiaire de manière structurelle.

Choisir l'option OUR pour les paiements fournisseurs

Pour les paiements internationaux hors SEPA, si vous devez payer un montant précis à un fournisseur, choisissez l'option OUR au moment du virement. Certes, vous payerez un forfait plus élevé côté émetteur (50 à 80 euros), mais vous éviterez les surprises de fournisseurs qui vous relancent parce qu'ils ont reçu 940 euros au lieu de 1 000 euros. La relation commerciale s'en trouve simplifiée.

Utiliser une Fintech spécialisée dans les paiements internationaux

Plusieurs Fintechs françaises et européennes ont développé leur propre réseau de correspondants pour éviter le passage par SWIFT et ses banques intermédiaires. Elles utilisent des « rails » locaux dans chaque pays, ce qui leur permet d'offrir des frais fixes prévisibles et souvent bien inférieurs aux frais SWIFT classiques. Parmi les acteurs disponibles en France :

  • Wise Business : réseau de comptes locaux dans 9 devises, avec des frais fixes annoncés à l'avance et un taux de change au mid-market.
  • Revolut Business : conversions à taux interbancaire dans les limites du plan, virements internationaux à frais réduits.
  • iBanFirst : spécialisé dans les paiements internationaux B2B pour PME françaises, avec de la couverture de change intégrée.
  • Qonto avec module multi-devises : solution française pour les PME, avec transferts internationaux via partenaires.
  • Airwallex : acteur asiatique très implanté sur les corridors Europe-Asie, avec IBAN européen et cartes multi-devises.

Pour un comparatif approfondi de ces alternatives, consultez nos guides sur les meilleures banques internationales, les applications de transfert d'argent international et le comparatif Wise ou Revolut.

Négocier avec votre banque si vous êtes gros émetteur

Si votre entreprise émet régulièrement de gros montants à l'international (plus de 100 000 euros par mois), négociez un accord tarifaire avec votre banque. Beaucoup de banques françaises pratiquent des grilles tarifaires différenciées pour leurs clients corporate et acceptent de baisser leurs frais fixes de virement SWIFT en contrepartie d'un volume garanti.

Utiliser un compte multi-devises

Un compte multi-devises vous permet de recevoir et de conserver plusieurs devises sur un même compte, sans conversion automatique en euros. Vous pouvez ensuite reverser les fonds dans la devise du bénéficiaire, ce qui évite un ou plusieurs passages par banque intermédiaire. C'est particulièrement utile si vous avez des flux réguliers dans une devise étrangère (USD, GBP, JPY, CNY).

Pour bien comprendre les comptes multi-devises et leur utilité, consultez notre guide sur les types de comptes bancaires professionnels et l'article sur le compte bancaire virtuel.

À retenir

Une banque intermédiaire est un rouage essentiel du système bancaire mondial, mais elle a un coût. Chaque intervention prélève entre 15 et 30 euros de frais, et un virement peut passer par plusieurs intermédiaires successifs. Pour une entreprise française qui paie régulièrement des fournisseurs internationaux, la facture cumulée peut représenter des milliers d'euros par an en frais souvent invisibles au moment de l'émission.

Trois réflexes réduisent significativement l'impact des frais de banque intermédiaire. D'abord, privilégier le virement SEPA chaque fois que c'est possible : au sein de la zone euro, aucune banque intermédiaire n'intervient. Ensuite, choisir consciemment l'option OUR, SHA ou BEN selon la nature du paiement (OUR pour les fournisseurs, SHA ou BEN pour les envois personnels). Enfin, évaluer les alternatives Fintech (Wise Business, Revolut Business, iBanFirst, Qonto, Airwallex) qui utilisent leurs propres réseaux de correspondants pour offrir des frais fixes prévisibles.

Enfin, ne confondez pas la « banque intermédiaire » au sens SWIFT (une banque qui achemine votre virement) avec l'« intermédiaire en opérations de banque et services de paiement » (IOBSP) qui est un statut juridique français encadré par les articles L519-1 à L519-17 du Code monétaire et financier. Le premier concerne le circuit technique de votre virement international. Le second désigne les courtiers en crédit et autres professionnels indépendants immatriculés à l'ORIAS et supervisés par l'ACPR.

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FAQs

Qu'est-ce qu'une banque intermédiaire ?

Une banque intermédiaire est une banque tierce qui facilite un virement international entre deux banques qui n'ont pas de relation directe. Elle agit comme un pont technique : elle reçoit l'instruction de paiement de la banque émettrice et la transmet à la banque bénéficiaire (ou à une autre banque intermédiaire), en prélevant sa commission au passage. Les banques intermédiaires sont souvent de grandes banques internationales (HSBC, JPMorgan Chase, Citibank, BNP Paribas, Deutsche Bank) qui disposent d'un vaste réseau de correspondance dans le monde. Environ 75 % des virements SWIFT internationaux passent par au moins une banque intermédiaire.

Comment fonctionne une banque intermédiaire ?

Dans un virement international, si la banque émettrice et la banque bénéficiaire n'ont pas de relation directe, une banque intermédiaire s'intercale. Elle reçoit une instruction de paiement de la banque émettrice via le réseau SWIFT, applique ses frais (15 à 30 euros en moyenne), et transmet une nouvelle instruction à la banque bénéficiaire ou à une autre banque intermédiaire. Le processus peut impliquer 1 à 3 banques intermédiaires successives. À la fin du parcours, la banque bénéficiaire crédite le compte du destinataire du montant restant après déduction de tous les frais. Le règlement entre les banques se fait ensuite via des comptes de correspondance (nostro/vostro).

Quels sont les frais des banques intermédiaires ?

Les frais de banque intermédiaire se situent entre 15 et 30 euros par établissement en moyenne. Comme un virement peut passer par plusieurs banques intermédiaires successives, la facture totale peut atteindre 50 à 90 euros voire davantage. Le montant exact dépend de plusieurs facteurs : la devise du transfert (les devises rares coûtent plus cher), la route géographique, le montant transféré (certaines banques appliquent un pourcentage), et le nombre de banques intermédiaires impliquées. Pour connaître les frais exacts prélevés sur votre virement, demandez le document MT103 à votre banque : il détaille l'ensemble des frais appliqués à chaque étape du parcours.

Pourquoi utiliser une banque intermédiaire ?

En tant qu'émetteur, vous ne choisissez pas d'« utiliser » une banque intermédiaire : c'est votre banque qui la sélectionne automatiquement en fonction du corridor et de son réseau de correspondants. Les banques intermédiaires sont nécessaires quand votre banque et celle du bénéficiaire n'ont pas de relation directe, ce qui est fréquent pour les virements vers des pays lointains ou des devises peu échangées. Sans elles, ces virements internationaux ne pourraient pas être exécutés. La contrepartie est un coût et un délai supplémentaires. Pour éviter ce passage, deux options : utiliser un virement SEPA (dans la zone euro) ou passer par une Fintech qui dispose de son propre réseau (Wise Business, Revolut Business, iBanFirst).

Quelles sont les principales banques intermédiaires dans le monde ?

Les banques qui jouent le plus souvent le rôle de banque intermédiaire sont en général les grandes banques mondiales : HSBC (Londres), JPMorgan Chase (États-Unis), Citibank (États-Unis), Barclays (Royaume-Uni), Bank of America (États-Unis), Wells Fargo Bank (États-Unis), Standard Chartered (Royaume-Uni), Deutsche Bank (Allemagne). En France, les grandes banques comme BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole CIB et Natixis jouent également ce rôle sur de nombreux corridors internationaux. Ces banques disposent d'un vaste réseau de comptes de correspondance dans de nombreux pays, ce qui leur permet de traiter efficacement les virements internationaux.

Comment choisir une banque intermédiaire ?

En tant que particulier ou entreprise, vous ne choisissez pas la banque intermédiaire de votre virement : c'est votre banque qui la sélectionne automatiquement selon son propre réseau de correspondants. Cependant, vous pouvez indirectement influencer le choix en sélectionnant votre banque émettrice et le canal de paiement utilisé. Une grande banque internationale (BNP Paribas, HSBC, Deutsche Bank) aura souvent moins besoin de banques intermédiaires qu'une banque régionale grâce à son réseau propre. Une Fintech spécialisée (Wise Business, iBanFirst, Airwallex) contourne le réseau SWIFT en utilisant ses propres rails locaux, ce qui évite l'intervention de banques intermédiaires classiques.

Quel est le rôle de la banque intermédiaire dans les transactions internationales ?

Le rôle principal de la banque intermédiaire est technique et opérationnel : elle permet à un virement de circuler entre deux banques qui n'ont pas de relation bilatérale directe. Elle reçoit l'instruction de paiement de la banque précédente sur le circuit, la vérifie sur le plan réglementaire (lutte contre le blanchiment, sanctions internationales, contrôles KYC-AML), applique ses frais de traitement, puis retransmet l'instruction à la banque suivante. Elle assure aussi la conversion de devise si nécessaire, et le règlement des balances entre les banques via des comptes de correspondance. C'est un rôle invisible pour le client mais essentiel au fonctionnement du système bancaire international.

Ai-je besoin d'une banque intermédiaire pour envoyer un virement international ?

En pratique, non : vous n'avez pas à connaître ou à préciser une banque intermédiaire pour envoyer un virement international. Votre banque émettrice se charge de la sélection automatiquement selon son réseau de correspondants. Il vous suffit de fournir les coordonnées du bénéficiaire (nom, IBAN ou numéro de compte, adresse) et de sa banque (BIC/SWIFT). Cela dit, si vous savez que votre banque et celle du bénéficiaire n'ont pas de relation directe, sachez qu'une ou plusieurs banques intermédiaires interviendront automatiquement, avec les frais associés. Anticipez ce coût dans votre choix d'option OUR / SHA / BEN.

Quelle est la différence entre une banque intermédiaire et un IOBSP ?

Ce sont deux notions totalement différentes malgré leur nom proche. Une banque intermédiaire est un établissement bancaire qui joue un rôle technique de relais dans un virement international via le réseau SWIFT. Un IOBSP (Intermédiaire en Opérations de Banque et Services de Paiement) est un statut juridique français défini aux articles L519-1 à L519-17 du Code monétaire et financier. Il désigne un professionnel indépendant (courtier en crédit, mandataire d'établissement de crédit) qui met en relation ses clients avec des banques ou des établissements de paiement pour obtenir un service financier, sur la base d'un mandat écrit. Les IOBSP sont immatriculés à l'ORIAS et supervisés par l'ACPR. Ce sont deux sujets qui n'ont aucun lien direct.

Comment éviter les frais de banque intermédiaire ?

Trois stratégies principales : (1) utiliser un virement SEPA quand vous payez en euros au sein de la zone SEPA (36 pays européens) : aucune banque intermédiaire n'intervient ; (2) passer par une Fintech qui utilise son propre réseau de correspondants (Wise Business, Revolut Business, iBanFirst, Airwallex, Qonto multi-devises) : les frais sont fixes et prévisibles, sans banque intermédiaire classique ; (3) choisir l'option OUR pour les paiements de fournisseurs afin d'éviter que le bénéficiaire ne reçoive un montant réduit. Pour les gros volumes, négociez également une grille tarifaire préférentielle avec votre banque. Ces mesures combinées permettent de réduire fortement le coût réel des paiements internationaux.

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