
Written by Bertrand Théaud, Fondateur
Bertrand cumule 20 ans d’expérience en Asie en tant qu’avocat d’affaires, investisseur et entrepreneur. Au fil des années, il a constaté de près à quel point il peut être difficile, pour les petites et moyennes entreprises, d’accéder à des services financiers fiables — en particulier lorsqu’elles op...
À retenir
Le portage salarial est un statut hybride : autonomie commerciale de l'indépendant, protection sociale du salarié.
Le salarié porté trouve lui-même ses clients et fixe son tarif. La société de portage ne fournit pas de missions.
Trois conditions d'accès : une expertise, une qualification et une autonomie suffisantes pour prospecter et négocier.
La durée d'une mission chez un même client ne peut excéder trente-six mois.
Le net perçu représente environ 45 à 50 % du chiffre d'affaires hors taxes, selon les frais de gestion et les frais professionnels.
Les services à la personne sont exclus du dispositif, quelle que soit la qualification du consultant.
Travailler comme un indépendant, être payé comme un salarié. Le portage salarial repose sur cette promesse, et il la tient largement : vous choisissez vos missions, vous négociez vos tarifs, mais vous recevez un bulletin de paie, cotisez à l'assurance chômage et bénéficiez de la protection sociale du régime général.
La contrepartie s'exprime en pourcentage. Entre le montant facturé au client et le net perçu, il s'écoule des frais de gestion, des cotisations patronales et des cotisations salariales. Sur 10 000 € facturés, un consultant porté perçoit généralement entre 4 500 et 5 000 € nets. Cet écart constitue le prix de la sécurité et de la délégation administrative.
Ce guide couvre la définition et le cadre légal du portage, la relation tripartite qui le structure, le mécanisme de transformation du chiffre d'affaires en salaire, la rémunération minimale garantie, les étapes pour devenir salarié porté, les formalités applicables, l'articulation avec l'assurance chômage, ainsi que les avantages et les limites du dispositif.
Qu'est-ce que le portage salarial ?
Le portage salarial est une forme d'emploi qui permet à un professionnel autonome d'exercer une activité indépendante tout en bénéficiant du statut de salarié. Le Code du travail le définit comme une relation contractuelle entre trois parties : le salarié porté, l'entreprise de portage salarial et l'entreprise cliente.
Le principe est simple. Vous démarchez un client, vous négociez une prestation et son prix. La société de portage signe le contrat commercial avec ce client, facture la prestation, encaisse le règlement, puis vous reverse le montant sous forme de salaire après déduction de ses frais de gestion et des cotisations sociales. Vous ne créez aucune structure juridique.
La relation tripartite
| Acteur | Son rôle | Ce qu’il ne fait pas |
|---|---|---|
| Le salarié porté | Prospecte, négocie la mission et son prix, réalise la prestation, rend compte de son activité. | Il ne signe pas le contrat commercial et n’émet pas la facture. |
| L’entreprise de portage | Signe le contrat commercial, facture, encaisse, établit le bulletin de paie, verse les cotisations. | Elle ne fournit pas de missions et ne dirige pas le travail du porté. |
| L’entreprise cliente | Définit le besoin, accueille la prestation, règle la facture à la société de portage. | Elle n’emploie pas le consultant et n’exerce aucun lien de subordination. |
L'absence de lien de subordination avec le client constitue le cœur du dispositif. Si le client dirige, contrôle et sanctionne le consultant comme un salarié, la relation risque une requalification en contrat de travail direct. Cette frontière explique pourquoi le portage convient aux missions de conseil, d'expertise et de projet, et beaucoup moins aux fonctions d'exécution intégrées à une équipe.
Le cadre légal
Longtemps pratiqué sans base légale claire, le portage a été sécurisé par l'ordonnance du 2 avril 2015, codifiée aux articles L1254-1 et suivants du Code du travail. Une convention collective de branche des salariés en portage salarial a suivi en mars 2017, étendue la même année. Elle fixe notamment les classifications, les rémunérations minimales et les modalités de rupture.
Deux garanties protègent le consultant. L'entreprise de portage doit souscrire une garantie financière destinée à couvrir le paiement des salaires en cas de défaillance. Elle doit également exercer le portage à titre exclusif, ce qui exclut les structures qui en font une activité accessoire. La fiche officielle du portail entreprendre.service-public.gouv.fr détaille l'ensemble du dispositif.
Qui peut devenir salarié porté ?
Trois conditions cumulatives s'appliquent. Une expertise réelle dans un domaine, une qualification professionnelle correspondant au minimum à un niveau bac+2 ou à trois ans d'expérience dans le secteur, et une autonomie suffisante pour rechercher ses clients et négocier ses conditions d'intervention.
Le dispositif s'adresse donc principalement aux consultants, formateurs, ingénieurs, experts en systèmes d'information, chefs de projet, spécialistes du marketing ou des ressources humaines. Les profils en reconversion peuvent y accéder s'ils justifient d'une expérience transférable.
Une exclusion est expressément prévue par la loi : les services à la personne. Garde d'enfants, assistance aux personnes âgées ou handicapées, tâches ménagères, aide à domicile ne peuvent pas s'exercer en portage salarial, quelle que soit la qualification du professionnel.
Comment fonctionne le portage salarial ?
Deux contrats, deux relations
Le montage repose sur deux documents distincts, qui ne lient jamais directement le consultant au client.
| Contrat | Parties signataires | Contenu principal |
|---|---|---|
| Contrat de travail en portage | Salarié porté et entreprise de portage | CDI ou CDD, rémunération, classification, compte d’activité, réserve financière, frais de gestion. |
| Contrat commercial de prestation | Entreprise de portage et entreprise cliente | Objet et durée de la mission, prix négocié par le porté, conditions d’exécution, modalités de règlement. |
Le contrat de travail peut être conclu à durée indéterminée ou déterminée. Le CDD est limité à dix-huit mois, renouvellement compris. Le CDI permet d'enchaîner les missions sans nouveau contrat et ouvre droit à une réserve financière destinée à couvrir les périodes d'intermission.
Côté commercial, la durée d'une mission chez une même entreprise cliente ne peut excéder trente-six mois. Cette limite empêche que le portage se substitue durablement à un emploi salarié classique.
Du chiffre d'affaires au salaire net
C'est la mécanique que tout candidat au portage doit comprendre avant de signer. Prenons l'exemple d'une mission facturée 10 000 € hors taxes sur un mois, correspondant à vingt jours à 500 €.
| Étape | Montant indicatif | Explication |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires facturé | 10 000 € HT | Prix négocié par le consultant avec le client final. |
| Frais de gestion de la société de portage | − 700 € | Généralement 5 à 10 % du chiffre d’affaires. Ici 7 %. |
| Frais professionnels remboursés | − 500 € | Déplacements, matériel, formation. Non soumis à cotisations s’ils sont justifiés. |
| Montant disponible pour la rémunération | 8 800 € | Base de calcul du coût employeur total. |
| Cotisations patronales | − 2 750 € | Environ 45 % du salaire brut reconstitué. |
| Salaire brut | 6 050 € | Figure sur le bulletin de paie. |
| Cotisations salariales | − 1 330 € | Environ 22 % du brut. |
| Salaire net avant impôt | 4 720 € | Soit environ 47 % du chiffre d’affaires initial, hors frais professionnels remboursés. |
Ces montants varient selon le niveau des frais de gestion, la part de frais professionnels justifiés et la classification du consultant. La fourchette communément observée situe le net entre 45 et 50 % du chiffre d'affaires hors taxes. Un point mérite attention : les frais professionnels réellement engagés et justifiés échappent aux cotisations, ce qui améliore sensiblement le net. Notre article sur les dépenses professionnelles déductibles aide à identifier les postes concernés.
Les frais de gestion
Ils rémunèrent le service rendu par la société de portage : établissement des contrats, facturation, relance des impayés, paie, déclarations sociales, assurance responsabilité civile professionnelle, accompagnement. Ils s'échelonnent généralement de 5 à 10 % du chiffre d'affaires, parfois jusqu'à 15 % pour les offres les plus complètes.
Comparez les offres sur trois points plutôt que sur le seul pourcentage affiché. La présence de frais annexes d'abord : frais d'entrée, frais de sortie, facturation de la gestion des notes de frais. Le caractère dégressif du barème ensuite, souvent négociable au-delà d'un certain volume mensuel. Les services réellement inclus enfin, notamment l'assurance professionnelle et la garantie contre les impayés.
Le compte d'activité et la réserve financière
Chaque salarié porté dispose d'un compte d'activité, mis à jour mensuellement, qui retrace les versements du client, les frais de gestion, les frais professionnels, les cotisations et le solde disponible. Ce document doit vous être communiqué : il constitue votre outil de contrôle.
S'y ajoute une réserve financière. En CDI, elle correspond à 10 % du salaire de base de la dernière mission et sert à couvrir les périodes sans activité. En CDD, elle prend la forme d'une indemnité de précarité de 10 %, versée en fin de contrat. Ce mécanisme lisse les revenus, mais il ne remplace pas une gestion prudente de sa trésorerie personnelle, sujet abordé dans nos conseils de gestion de trésorerie.
Quelle est la rémunération minimale en portage salarial ?
Le sujet mérite une clarification, car les montants publiés varient fortement d'une source à l'autre. La raison tient à une subtilité de rédaction : deux textes coexistent et ne se réfèrent pas au même plafond.
Le Code du travail prévoit qu'à défaut d'accord de branche étendu, la rémunération mensuelle minimale correspond à 75 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale en vigueur. La convention collective de branche, étendue en 2017, s'applique en pratique et fixe ses propres minima par référence au plafond de la Sécurité sociale de 2017, soit 3 269 €. C'est cette seconde référence qui produit les montants effectivement appliqués.
| Classification | Minimum conventionnel | Profil concerné |
|---|---|---|
| Junior | 70 % du plafond de référence | Moins de trois ans d’expérience dans l’activité exercée. |
| Senior | 75 % du plafond de référence | Trois ans d’expérience ou plus dans le domaine. |
| Forfait jours | 85 % du plafond de référence | Cadre autonome dont la durée de travail ne peut être prédéterminée. |
À ces minima s'ajoutent une indemnité d'apport d'affaires d'au moins 5 % de la rémunération, qui rémunère le fait que vous avez trouvé la mission vous-même, ainsi que les indemnités de congés payés. Selon l'administration, la rémunération mensuelle minimale brute totale, tous éléments confondus, ne peut être inférieure à 2 517,13 € pour un temps plein.
Ces planchers restent théoriques pour la plupart des consultants. Avec un tarif journalier de 400 à 700 €, courant en conseil, ingénierie et systèmes d'information, le salaire réel dépasse largement le minimum conventionnel. Le seuil devient en revanche déterminant pour un consultant en début d'activité : il définit le chiffre d'affaires minimal à atteindre pour que la société de portage puisse établir un bulletin de paie conforme.
Calculez donc votre tarif journalier à partir du net visé, et non l'inverse. Un objectif de 3 000 € nets mensuels suppose environ 6 500 € de chiffre d'affaires. Notre article sur la définition d'objectifs financiers réalistes propose une méthode applicable à ce calcul.
Comment devenir salarié porté ?
La démarche ne comporte aucune formalité d'immatriculation. Elle se résume à six étapes, dont la plus longue est commerciale.
1 Valider son éligibilité
Vérifiez que votre activité entre dans le champ du portage : prestation intellectuelle ou technique, hors services à la personne. Assurez-vous ensuite de remplir la condition de qualification, soit un niveau bac+2, soit trois ans d'expérience significative dans le domaine.
2 Trouver sa première mission
C'est l'étape déterminante, et celle que personne ne fera à votre place. La société de portage ne fournit pas de missions : elle sécurise le cadre une fois le client trouvé. Mobilisez votre réseau, les plateformes de freelances, les cabinets de conseil qui sous-traitent, les appels d'offres accessibles aux indépendants.
3 Négocier le prix de la prestation
Vous fixez librement votre tarif avec le client. Raisonnez toujours en chiffre d'affaires hors taxes, pas en salaire : rappelez-vous que le net représente environ la moitié du montant facturé. Définissez également le périmètre, les livrables, le calendrier et les modalités de règlement. Pour les missions longues, un acompte sécurise la relation, comme le rappelle notre article sur la facture d'acompte.
4 Choisir sa société de portage
Comparez au moins trois offres sur des critères objectifs : niveau et structure des frais de gestion, présence de frais annexes, garantie financière et adhésion à une organisation professionnelle, services inclus comme l'assurance responsabilité civile professionnelle ou la garantie contre les impayés, qualité de l'interlocuteur dédié, et délai de versement du salaire après encaissement du client.
Demandez une simulation chiffrée sur la base de votre tarif réel, en exigeant le détail poste par poste. Deux sociétés affichant les mêmes frais de gestion peuvent produire des nets différents selon leur traitement des frais professionnels.
5 Signer les contrats
Le contrat de travail est signé entre vous et la société de portage, le contrat commercial entre celle-ci et votre client. Relisez attentivement les clauses relatives aux frais de gestion, à la réserve financière, aux conditions de rupture et au traitement des impayés. Vérifiez que le prix négocié figure bien au contrat commercial.
6 Réaliser la mission et rendre compte
Vous exécutez la prestation en toute autonomie. Vous transmettez chaque mois un compte rendu d'activité à la société de portage, qui facture le client, encaisse, puis établit votre bulletin de paie. Conservez ces documents : ils constituent un justificatif de revenus reconnu, plus simple à produire que les justificatifs d'un indépendant.
Quelles sont les formalités du portage salarial ?
C'est le principal argument du dispositif : l'essentiel des obligations administratives incombe à la société de portage. Le tableau ci-dessous répartit les responsabilités.
| Formalité | Qui s’en charge | Précisions |
|---|---|---|
| Immatriculation d’une structure | Personne : aucune | Le salarié porté ne crée ni société ni entreprise individuelle. |
| Contrat commercial et facturation | L’entreprise de portage | Elle émet la facture au nom de la société de portage, encaisse et relance. |
| Déclaration et paiement des cotisations | L’entreprise de portage | Déclaration sociale nominative mensuelle, comme pour tout employeur. |
| Bulletin de paie et compte d’activité | L’entreprise de portage | Le compte d’activité doit être communiqué chaque mois au porté. |
| TVA et déclarations fiscales de l’activité | L’entreprise de portage | Le porté n’a aucune déclaration de TVA à souscrire. |
| Déclaration de revenus personnelle | Le salarié porté | Ses revenus sont déclarés comme des traitements et salaires. |
| Compte rendu d’activité | Le salarié porté | Transmis mensuellement pour déclencher la facturation. |
| Prospection et négociation | Le salarié porté | La société de portage n’a aucune obligation de fourniture de missions. |
Cette répartition explique l'écart de charge administrative avec les autres statuts. Un indépendant en micro-entreprise gère lui-même ses déclarations de chiffre d'affaires, sa facturation et le suivi de ses seuils. Un dirigeant de SASU ou d'EURL y ajoute une comptabilité complète et des comptes annuels. En portage, ces obligations disparaissent, y compris celles liées à la TVA intracommunautaire en cas de client européen et au calendrier de la facturation électronique obligatoire.
Le portage salarial est-il compatible avec le chômage ?
Oui, dans les deux sens, et c'est l'un des arguments les plus solides du dispositif.
Le portage ouvre des droits à l'assurance chômage
Le salarié porté cotise à l'assurance chômage comme n'importe quel salarié. À la fin d'un contrat à durée déterminée, lors d'une rupture conventionnelle ou d'un licenciement, il peut ouvrir des droits à l'allocation de retour à l'emploi, sous réserve de remplir les conditions d'affiliation exigées par France Travail.
C'est la différence majeure avec les statuts d'indépendant. Un micro-entrepreneur, un gérant d'EURL ou un président de SASU n'acquièrent aucun droit à l'ARE au titre de leur activité. L'allocation des travailleurs indépendants existe, mais ses conditions d'accès restent nettement plus restrictives.
Le portage se cumule avec une allocation en cours
Un demandeur d'emploi indemnisé peut démarrer une activité en portage tout en conservant une partie de son allocation. France Travail applique alors une règle de cumul : le salaire perçu réduit l'allocation mensuelle, mais les droits non consommés sont reportés, ce qui allonge la durée d'indemnisation.
Deux réflexes s'imposent. Déclarez votre activité à France Travail dès le premier contrat et actualisez votre situation chaque mois en indiquant le salaire brut perçu. Une omission expose à un remboursement des sommes versées. Demandez également une simulation avant de démarrer : selon le niveau de votre allocation et de votre première mission, l'ordre dans lequel vous enchaînez les périodes peut avoir un effet significatif.
Le portage constitue de ce fait une voie de transition fréquente : tester une activité indépendante sans perdre sa couverture, avant de créer éventuellement une structure. Notre guide pour créer une entreprise en France présente les options accessibles au terme de cette phase de test.
Avantages et inconvénients du portage salarial
| Avantages | Inconvénients |
|---|---|
| Aucune structure à créer, aucune formalité d’immatriculation | Frais de gestion de 5 à 10 % prélevés sur chaque facture |
| Protection sociale du régime général, alignée sur celle des salariés | Net d’environ 45 à 50 % du chiffre d’affaires, contre bien plus en micro-entreprise |
| Droits à l’assurance chômage, impossibles en statut d’indépendant | Obligation d’atteindre un chiffre d’affaires minimal pour respecter le salaire plancher |
| Gestion administrative, facturation et relances déléguées | Aucune mission fournie : la prospection reste entièrement à votre charge |
| Bulletin de paie facilitant les démarches personnelles | Mission limitée à trente-six mois chez un même client |
| Cumul possible avec une allocation chômage en cours | Services à la personne exclus du dispositif |
| Assurance professionnelle et garantie financière généralement incluses | Dépendance à la solidité et à la qualité de la société de portage |
| Test d’une activité indépendante sans engagement structurel | Coût global supérieur aux autres statuts à chiffre d’affaires équivalent |
Portage salarial, micro-entreprise ou société : que choisir ?
Les trois options répondent à des situations différentes. Le tableau ci-dessous croise les critères qui pèsent réellement dans la décision.
| Critère | Portage salarial | Micro-entreprise | SASU ou EURL |
|---|---|---|---|
| Formalités de création | Aucune | Gratuites, en ligne | Environ 180 à 200 €, statuts et capital |
| Charge administrative | Quasi nulle | Légère | Comptabilité complète |
| Part du chiffre d’affaires conservée | 45 à 50 % net | 70 à 80 % avant impôt | Variable selon la rémunération |
| Plafond de chiffre d’affaires | Aucun | 83 600 € ou 203 100 € | Aucun |
| Déduction des charges | Frais professionnels justifiés | Impossible | Totale |
| Assurance chômage | Oui | Non | Non |
| Profil adapté | Consultant expérimenté, tarif journalier élevé, besoin de sécurité | Activité en démarrage, faibles charges, revenus modestes | Activité structurée, charges réelles, ambition de croissance |
La logique de choix se résume ainsi. Le portage convient aux consultants dont le tarif journalier est élevé et qui privilégient la sécurité à l'optimisation du net. La micro-entreprise reste imbattable sur le rapport entre simplicité et revenu conservé, tant que les charges réelles sont faibles et que les plafonds ne sont pas approchés : notre guide de l'auto-entrepreneur en détaille le fonctionnement. La société devient pertinente dès que l'activité génère des charges déductibles significatives ou nécessite une image institutionnelle, comme l'expliquent nos guides de la SASU et de l'EURL, ainsi que notre comparatif SAS ou SARL.
Ces statuts ne s'excluent pas dans le temps. Beaucoup de consultants démarrent en portage pour sécuriser une transition, puis basculent vers une société une fois leur portefeuille client stabilisé. Un business plan même sommaire aide à identifier le seuil de chiffre d'affaires à partir duquel le changement devient rentable.
À retenir
Le portage salarial achète de la sécurité avec une part du chiffre d'affaires. Environ la moitié du montant facturé arrive sur le compte du consultant, contre 70 à 80 % en micro-entreprise. En échange, vous obtenez une protection sociale complète, des droits à l'assurance chômage, un bulletin de paie et la délégation de toute la gestion administrative.
Ce compromis est rationnel dans trois situations. Un consultant expérimenté au tarif journalier élevé, pour qui l'écart de net compte moins que la tranquillité. Un professionnel en transition qui teste une activité indépendante sans perdre sa couverture ni ses droits. Un indépendant dont les missions sont ponctuelles et qui ne souhaite pas assumer les charges fixes d'une société.
Deux points de vigilance avant de signer. La société de portage ne vous apportera pas de clients : la prospection reste entièrement à votre charge, et c'est la première cause d'échec du dispositif. Et comparez les offres sur le détail des frais, pas sur le pourcentage affiché : frais d'entrée, traitement des notes de frais, délais de versement et garantie contre les impayés font des écarts de net supérieurs à un point de frais de gestion.
FAQs
Qu'est-ce que le portage salarial ?
C'est une forme d'emploi qui permet d'exercer une activité indépendante tout en bénéficiant du statut de salarié. Elle repose sur une relation tripartite entre le salarié porté, l'entreprise de portage salarial et l'entreprise cliente, formalisée par deux contrats : un contrat de travail entre le porté et la société de portage, et un contrat commercial entre celle-ci et le client. Le consultant trouve ses missions et négocie ses tarifs, la société de portage facture, encaisse et lui reverse le montant sous forme de salaire.
Comment fonctionne le portage salarial ?
Vous démarchez un client et négociez une prestation. La société de portage signe le contrat commercial, facture, encaisse le règlement, puis vous verse un salaire après déduction de ses frais de gestion et des cotisations sociales. Sur 10 000 € facturés hors taxes, comptez environ 700 € de frais de gestion, puis les cotisations patronales et salariales, pour un net d'environ 4 700 €. Les frais professionnels justifiés échappent aux cotisations et améliorent ce net. Un compte d'activité vous est communiqué chaque mois.
Quels sont les avantages du portage salarial ?
Aucune structure à créer ni formalité d'immatriculation. Une protection sociale alignée sur celle des salariés, incluant les indemnités journalières et la retraite du régime général. Des droits à l'assurance chômage, impossibles à acquérir en statut d'indépendant. La délégation complète de la facturation, des relances et des déclarations sociales. Un bulletin de paie qui simplifie les démarches personnelles. Le cumul possible avec une allocation chômage en cours. Et la possibilité de tester une activité indépendante sans engagement structurel.
Quels sont les inconvénients du portage salarial ?
Le coût d'abord : le net représente environ 45 à 50 % du chiffre d'affaires, contre 70 à 80 % en micro-entreprise, en raison des frais de gestion et des cotisations patronales. L'absence de missions fournies ensuite : la prospection reste entièrement à votre charge. L'obligation d'atteindre un chiffre d'affaires minimal pour respecter le salaire plancher conventionnel. La limite de trente-six mois chez un même client. L'exclusion des services à la personne. Et la dépendance à la solidité de la société de portage choisie.
Comment devenir salarié porté ?
Six étapes. Validez votre éligibilité : prestation intellectuelle ou technique, niveau bac+2 ou trois ans d'expérience. Trouvez votre première mission, étape que la société de portage ne fera pas à votre place. Négociez le prix de la prestation directement avec le client. Choisissez votre société de portage en comparant au moins trois offres. Signez le contrat de travail, la société signant de son côté le contrat commercial. Réalisez la mission et transmettez chaque mois un compte rendu d'activité déclenchant la facturation.
Quel est le salaire minimum en portage salarial ?
La convention collective de branche fixe trois planchers selon la classification : 70 % du plafond de référence pour un profil junior de moins de trois ans d'expérience, 75 % pour un senior, et 85 % pour un salarié au forfait jours. S'y ajoutent une indemnité d'apport d'affaires d'au moins 5 % et les indemnités de congés payés. Selon l'administration, la rémunération mensuelle minimale brute totale ne peut être inférieure à 2 517,13 € pour un temps plein. Ces planchers restent théoriques pour un consultant au tarif journalier élevé.
Quelles sont les formalités du portage salarial ?
Pour le consultant, elles se réduisent à deux obligations : transmettre un compte rendu d'activité mensuel, et déclarer ses revenus comme des traitements et salaires. Tout le reste incombe à la société de portage : contrat commercial, facturation, relance des impayés, bulletin de paie, déclaration sociale nominative, cotisations, TVA et déclarations fiscales de l'activité. Aucune immatriculation n'est nécessaire, puisque le salarié porté ne crée ni société ni entreprise individuelle.
Le portage salarial ouvre-t-il des droits au chômage ?
Oui. Le salarié porté cotise à l'assurance chômage comme tout salarié. À la fin d'un CDD, lors d'une rupture conventionnelle ou d'un licenciement, il peut ouvrir des droits à l'allocation de retour à l'emploi, sous réserve de remplir les conditions d'affiliation exigées par France Travail. C'est la différence majeure avec les statuts d'indépendant : un micro-entrepreneur, un gérant d'EURL ou un président de SASU n'acquièrent aucun droit à l'ARE au titre de leur activité.
Peut-on cumuler portage salarial et allocation chômage ?
Oui. Un demandeur d'emploi indemnisé peut démarrer une activité en portage tout en conservant une partie de son allocation. Le salaire perçu réduit l'allocation mensuelle, mais les droits non consommés sont reportés, ce qui allonge la durée d'indemnisation. Déclarez votre activité à France Travail dès le premier contrat et actualisez chaque mois en indiquant le salaire brut perçu : une omission expose à un remboursement. Demandez une simulation avant de démarrer, l'ordre des périodes pouvant avoir un effet significatif.
Portage salarial ou micro-entreprise : que choisir ?
La micro-entreprise conserve une part bien supérieure du chiffre d'affaires, entre 70 et 80 % avant impôt contre 45 à 50 % en portage. Elle impose en revanche de gérer soi-même facturation, déclarations et suivi des seuils, elle est plafonnée en chiffre d'affaires et n'ouvre aucun droit au chômage. Le portage convient donc aux consultants au tarif journalier élevé qui privilégient la sécurité et la délégation administrative, la micro-entreprise aux activités en démarrage avec de faibles charges et des revenus modestes.
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